Témoignages

Quelques histoires vécues dans les OAE

 

Toulouse Collège Bellefontaine (Mirail), un raccrochage scolaire

Ryan, de parents étrangers peu structurés, se raccroche à son père, qui le rejette, entraînant un manque de confiance important chez l’enfant.

Quelques semaines après le début de l’orchestre, il a dit au principal : « la musique ça me sauve »

C’est difficile scolairement mais l’équipe du collège pense pouvoir le raccrocher par le levier de la musique. Ce type d’enfant aurait certainement abandonné très vite l’école autrement. A suivre….

 

Bourges , Cher, l’intégration d’un autiste

Pierre Louis, enfant autiste, a été intégré à la batterie dans la classe orchestre en 5ème. N’ayant jusque là aucun rapport avec les autres élèves, étant rejeté, il a été accepté par la classe. Son père lui a acheté une batterie pour la maison . C’est devenu sa passion, il s’entraîne plusieurs heures par jour et il a progressé à une vitesse fulgurante. Il est très vite devenu le meilleur musicien de la classe et le chef d’orchestre lui confie le lancement des morceaux.  Il est devenu le protégé de toute la classe. Quand ses résultats scolaires et ses accès de violence ne lui ont plus permis de rester dans la classe, il a bénéficié d’horaires aménagés pour pouvoir poursuivre l’orchestre, le seul moment pendant lequel il se comportait normalement.

Aujourd’hui , déscolarisé il poursuit la musique dans des groupes de musiciens.

 

Gorron, Mayenne, une marginalisation évitée

Pablo, enfant introverti, n’arrivait pas à s’intégrer au collège. Impossible pour lui de communiquer avec les autres enfants, il n’arrivait pas à trouver de points communs avec les autres. Il a développé une phobie scolaire qui a obligé ses parents à le déscolariser en 6ème. Ils ont alors demandé une dérogation pour l’inscrire à Gorron afin de lui faire intégrer l’orchestre à l’école. Par le biais de la musique il a pu renouer des contacts avec les autres enfants et s’est réconcilié avec l’école. Il est maintenant en troisième, obtient de très bons résultats et est très bien intégré dans sa classe. Parallèlement il a beaucoup progressé en musique et a réussi les examens au conservatoire pour passer en cycle 2.

 

Bais, Mayenne, un talent qui se révèle

Maxime, a choisi la trompette, mais c’est avec son troisième choix, le tuba qu’il a débuté l’orchestre. Très vite son professeur a repéré son aptitude exceptionnelle pour cet instrument. Il a alors convoqué ses parents, pour leur demander de l’inscrire à l’école de musique afin qu’il puisse laisser son talent naturel s’exprimer en apprenant une technique plus poussée. Ses parents sont tombés des nues, jamais personne dans leur famille n’avait jamais joué de musique, et il ne leur serait vraiment pas venu à l’esprit de l’inscrire à  l’école de musique.

Il souhaiterait poursuivre la musique, voire en faire son métier.

 

Moret sur Loing, un bilan plus que positif

 Dans ce collège qui accueille des populations très variées (classes moyennes , grande ruralité, enfants du voyage, enfants boursier issus de familles en très grande difficulté accueillis en internat), sur les 30 enfants de la classe orchestre, l’équipe pédagogique avait fait le choix d’accueillir 15 enfants en très grande difficulté scolaire et/ou comportementale. En 6ème, ils avaient entre  4 et 7 de moyenne générale. Le profil type des élèves décrocheurs.

Au bout de 3 ans de classe orchestre, les 30 élèves sont toujours là, en 3ème et seul 3 élèves sont encore au-dessous de la moyenne. C’est miraculeux d’après l’équipe pédagogique, car sans l’orchestre, ils auraient probablement jeté l’éponge.

 

Mais c’est surtout en terme de comportement que les choses ont changé. Ce sont des enfants plus épanouis, avec une forte cohésion de groupe. Le professeur d’EPS explique que depuis 3 ans c’est la classe orchestre qui gagne systématiquement le cross du collège. Non pas qu’ils soient plus sportifs que les autres, mais très solidaires. Les plus forts font 2 fois plus de tours pour encourager les plus faibles. Et parole de prof de gym, il n’avait encore jamais vu ça !

La professeur d’espagnol, elle, avoue qu’elle aura la gorge serrée quand cette classe partira.

 

Nogent Le Roi

L’orchestre à l’école a débuté en décembre dans cette classe de Nogent le Roi, située dans un quartier difficile avec de nombreux élèves en difficulté.

Le professeur des écoles remet les copies en math et au moment d’annoncer le 15/20 de Julien*, toute la classe se lève spontanément pour l’applaudir. C’est un élève en grande difficulté scolaire et qui avait beaucoup de mal à s’intégrer dans sa classe avant la mise en place de l’orchestre. Mais il s’est révélé être très doué pour la trompette, et a gagné en confiance, et en respect de la part des autres élèves. C’est pour cela qu’ils étaient tous heureux qu’il ait sa première bonne note.

Ce moment restera certainement toujours gravé dans la mémoire de cet élève et de son enseignant également.

 *Le prénom n’a pas été communiqué par l’instituteur, il s’agit donc un prénom choisi au hasard

 

 

Et quelques témoignages

 

Relevé sur facebook : classe orchestre du collège Sisley de Moret sur Loing

« Bonjour à tous, (…) J’ai passé 3 années merveilleuses à vos côtés, des rires, des pleurs, des cris, mais tellement d’amour. Je crois que je n’aurais pas pu rêver mieux. Des amitiés se sont formées, déformées puis reformées. Des rêves sont devenus réalité. (…) Je crois qu’on n’était pas une classe comme les autres, on dégage tellement d’affection, on s’aime tous les uns les autres, qu’on pouvait plus nous séparer. (…) Je n’oublierai jamais rien. Je n’oublierai pas les moments de galère, les moments où l’on a rigolé. Vous n’êtes pas que des simples connaissances, vous êtes mes ami(e)s. Vous êtes mes années collège. Je vous aime tous. Tellement fort. »

G-M L

 

Témoignage posté par un ado sous la vidéo d’un OAE sur you tube

Je pense que ces musiciens ne sont pas beaucoup plus jeunes que moi. Mon projet classe orchestre moi c’est terminé en fin de troisième juin dernier et c’est avec beaucoup d’émotions et de souvenirs (Sélectionné au pour jouer au Salon de la Musique 2010 , Bercy Village , la capitale alors qu’on vit à la campagne … ) qui me reviennent quand j’ai regardé cette vidéo :’) Bonne CONTINUATION et Profiter à fond car quand tout se termine c’est juste un trou béant dans la poitrine et un manque…

MaPremiereFoisLeFilm

 

 

Témoignage d’une prof d’éducation musicale au collège Vauquelin de Toulouse

Merci pour l’intérêt que vous portez à ce projet depuis le début, ainsi que pour votre soutien si chaleureux!

Notre concert du 8 juin a été une grande réussite, à tous points de vue…Nos élèves ont été remarquables sur le plan musical!! Mais c’est surtout sur le plan humain que je garderai un souvenir indélébile de cette aventure. Je ne sais comment vous exprimer  ma gratitude et mon immense reconnaissance pour votre engagement dans ce beau programme. Cette « Joie » s’est lue dans tous les regards ce soir-là et va me porter longtemps dans mon métier d’enseignante!! En 20 ans d’exercice au sein de l’Education Nationale, je n’étais jamais parvenue (à ce point-là) à donner son vrai sens à ma mission d’enseignante…!

Aujourd’hui, nous avons donné notre dernier concert…Cette prestation, inscrite dans une action sur les établissements classés « ECLAIR », a eu lieu sur une grande scène, Place du Capitole…:quel symbole pour nous, Toulousains!! Inutile de dire que, ce soir, le coeur est gros…Aucun d’entre nous (ni les élèves, ni Xavier, ni moi) n’arrive à se faire à l’idée que c’est la FIN…

Alors, pour tout cela, encore mille MERCI!!

 

Témoignage d’une prof de Français au collège Anne Cartier de Livron sur Drôme

C’est avec enthousiasme que j’enseigne cette année le français en 5èmeD, classe orchestre du collège. Je suis aussi le professeur principal. J’ai fait la connaissance d’élèves pleins d’entrain, et toujours disposés à évoquer leurs parcours et projets musicaux. En effet, le travail effectué par les élèves les mardis après-midi est l’occasion d’échanges très réguliers, il permet de créer un lien autre que purement scolaire avec la classe. Ces enfants, qui sont parfois en difficultés à l’école, sont fiers, à juste titre, de parler musique et de me faire part de leurs expériences. Ils vivent avec bonheur l’appartenance à ce groupe, et je partage volontiers avec eux cet enthousiasme. Les heures de vie de classe sont souvent l’occasion de parler du projet orchestre : les élèves comprennent peu à peu que le travail et l’énergie qu’ils déploient dans l’orchestre sont indispensables aussi à leur réussite dans d’autres matières.

Par ailleurs, il me semble essentiel de créer des passerelles entre le projet de l’orchestre et le cours de français. La motivation rejaillit sur le travail et l’écriture devient plus simple ! Ainsi les élèves ont débuté la réalisation de diaporamas et d’un journal collectif : se dire que ce que l’on écrit sera vu ou lu par un « public » change l’intérêt que l’on porte au travail ; les élèves ont à cœur de bien faire et progressent. De plus, ils passent parfois à « Radio Anne Cartier » pour informer leurs camarades : quelle fierté ! Nous avons aussi présenté le monde de Grégoire Solotareff, et même si les albums sont destinés à un jeune public, les élèves se sont agréablement prêtés au jeu d’écrire à leur tour un conte d’automne (révisions de notions abordées en 6ème en français). Ce travail a été complété par le professeur d’arts plastiques qui a expliqué la technique de peinture par à-plats. Le cours de français s’enrichit et écrire fait donc sens.

Catherine Mey, Professeur de français et professeur principal.